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Récit de voyage : « Sacoches en balades dans le Finistère sud »

Après plusieurs années à admirer les autres et plusieurs mois à s’organiser, ça y est ! Nous partons pour notre première expérience de vélotourisme !
En route pour une semaine bretonne, à nous les galettes et les gamelles !

Une semaine à vélo, ça se prépare !
Je me renseigne, je questionne les experts, je m’interroge sur mes besoins… puis j’emprunte (notamment les sacoches de la vélo-école) ou investit ! Tout le challenge est de prévoir suffisamment pour ne manquer de rien, mais pas trop pour que ça rentre dans les sacoches (et qu’on puisse porter tout ça). Même si nous avons une tendance minimaliste, la vue de toutes ces affaires au sol est impressionnante. Et là, c’est le grand débat : ça ne rentrera jamais maman !! Mais siiiiiiiii, on est large !!
Et en effet, les sacoches se remplissent tranquillement et il reste de la place pour les futures courses alimentaires.

Jeudi, l’heure du grand départ !

L’excitation des préparatifs et du chargement redescend lentement au fil des 6h de route pour aller jusqu’à Maël-Carhaix, en centre Bretagne. Une fois les tentes montées, l’envie est trop grande : nous enfourchons nos montures pour une petite balade en centre ville et autour de l’Etang des sources. C’est tellement agréable !

Vendredi, le vrai départ !

Aujourd’hui nous démarrons notre périple à vélo, l’énergie et la motivation sont là. Rien ne nous arrêtera. Enfin… peut-être. Le premier rangement de camp nous prend un temps fou, et la mise en place des sacoches sur le vélo encore plus. Mais pourquoiiiiiiii ? T’as oublié de mettre le k-way dans cette sacoche… Mais je viens de la fermer ! Et cette gourde, elle va où ? Il faut reculer les sacoches, elles me gênent là. On ne vérifierait pas la pression des pneus avant de partir ? Mais quand est-ce qu’on paaaaarrt !!!
Midi, c’est bon, on a faim, mais on se lance !

Nous quittons Carhaix en direction du sud, en empruntant la voie 7 Bretagne qui relie Roscoff à Concarneau. Nous découvrons le plaisir de rouler sur une voie verte, avec un sol en terre, des arbres de part et d’autre, des piétons, des vélos et… aucune voiture ! Nos premiers kilomètres se font à vive allure, dopés par l’aventure qui commence. On pédale, on admire les paysages, on discute, et on peine un peu avec notre chargement :). L’étape théorique s’arrête à Gourin, mais comme il n’y a pas de camping, nous prolongeons le plaisir jusqu’à Guiscriff.

Nous apprenons alors que la ligne de chemin de fer Carhaix/Rosporden, fermée en 1967, sert aujourd’hui de voie verte. A Guiscriff, l’ancienne gare accueille aujourd’hui un café, un musée, un escape game, et quelques places de camping. Un endroit idéal.

Une première journée de 32 Km, pour des novices, c’est pas mal !

Samedi, à nous la mer !

La pluie repousse un peu le réveil, mais elle n’aura pas raison de notre motivation ! Aujourd’hui, on avance sans pression et on voit si on rejoint la mer !
Nous poursuivons notre parcours sur la voie verte, au milieu de la forêt domaniale de Coatloc’h. Sur ce chemin enchanteur, nous passons plusieurs petites maisonnées : elles servaient autrefois d’abris aux personnes réparant la voie de chemin de fer. L’une d’elle nous sera bien utile lors de notre pause déjeuner.

En avançant vers Rosporden, nous longeons un champ avec deux vaches et un veau. Bel avantage à voyager doucement : nous remarquons un petit détail : le veau peine à se mettre debout. Il vient de naître, et tente de faire ses premiers pas ! Nous restons là à l’encourager quelques minutes jusqu’à ce qu’il y parvienne. Une expérience magique.

La voie verte longe l’étang de l’Aven à Rosporden, avant de traverser la ville et de reprendre dans la forêt. Nous la quittons un peu avant Concarneau pour remonter vers la Fôret Fouesnant.

Une deuxième étape de 40Km, nous sommes content d’arriver !

Lundi, adieu la voie verte

Après une journée de repos au bord de la mer, nous repartons vers l’Est en direction de Concarneau. Ne pouvant laisser nos vélos chargés sans surveillance, nous admirons de loin la ville close construite au Moyen-Âge. Nous découvrons que la ville est bien plus grande et qu’elle abrite notamment un chantier naval.

Nous visons Trégunc, sans itinéraire précis, nous laissant guider par nos envies et les paysages qui s’ouvrent à nous au loin.

Petite journée de 23Km, avec pas mal de côtes. L’avantage quand on monte, c’est qu’après on descend !

Mardi, entre mer et terre

La voie verte, facile et paisible, est loin derrière nous. Depuis hier, nous roulons sur la véloroute. Le revêtement goudronné nous fatigue moins que la terre battue, mais le flot de véhicules motorisés demande une attention particulière. Souvent, un marquage au sol a été fait sur le bas-côté, donnant le sentiment que l’on a presque notre place sur la route. Difficile pourtant de se sentir totalement à l’aise lorsque l’on doit pousser son vélo dans la côte, à quelques centimètres des voitures qui circulent à vive allure.

Nous longeons d’abord la côte, admirons le paysage fabuleux qui s’offre à nous, profitons d’un rayon de soleil pour tremper les pieds dans l’eau iodé, puis remontons dans les terres.

A Pont Aven, nous retrouvons une voie verte (à nouveau, une ancienne voie de chemin de fer), et nos k-way. En quittant Riec sur Belon, nous apercevons des vestiges dans la forêt qui jouxte la route. Intrigués, nous partons à la découverte de ces neufs anciens bassins de décantation du kaolin, exploités entre 1919 et 1927, et à présent recouverts par la nature : un lieu magique !

Après 35 Km, nous nous arrêtons pour deux nuits à Kergoulouet.

Jeudi, on va voir la mer !

Aujourd’hui, nous repartons sans but précis. Pas de camping réservé, nous verrons où la route nous mène ! Un objectif tout de même : rejoindre et longer la mer.

Partis de Kergoulouet, nous passons Moëlan sur Mer, descendons vers Le Pouldou, remontons sur Clohars-Carnoët, traversons la rivière Laïta et longeons la mer jusqu’à Fort Bloqué.
En chemin, nous profitons des paysages : beaucoup de champs et parfois le plaisir d’apercevoir la mer, un phare peint, un ancien moulin, une glace artisanale de la ferme…

De tours en détours, nous avons tout de même parcouru 37 Km. Ce qui n’empêche pas la balade de 3 Km sur la plage au coucher du soleil !

Vendredi, passage de Lorient

C’est l’étape que je redoute le plus. Toutes les autres avaient leurs lots d’inconnues, avec comme point commun des petites villes et des routes globalement tranquilles. La traversée de Lorient, ville de 57 000 habitants, dense et remplie de voitures, me fait peur. D’autant plus que je ne l’ai pas préparée et que je sais que la route est longue ensuite pour rejoindre un camping, que je n’ai pas réservé.
Nous repoussons le départ et longeons la côte un maximum. C’est splendide : les fleurs teintent les falaises de bordeaux, rose, violet, et un camaïeu de bleu s’étend à perte de vue. Gros bémol, cet itinéraire nous fait entrer dans Lorient par la D29, qui s’avère être un axe routier important : 2×2 voies et zone industrielle, nous serrons les fesses. Et puis, belle surprise, une voie piéton/vélo est aménagée pour passer l’étang du Ter et débouche sur de vrais aménagements cyclables : pistes rouges dédiées, panneaux directionnels, ronds points et intersections aménagées. C’est finalement presque un plaisir de traverser la ville.

Après une longue pause tardive pour déjeuner, nous repartons de Lorient un peu avant 18h, direction le camping le plus proche. On regarde la carte, on vérifie à deux fois, et le constat tombe : 18 Km ! On doit en avoir déjà 25 dans les roues, la motivation n’est pas là. Nous avançons, fatigués, remontant le moral du plus jeune, passant outre les remarques désagréables du plus grand, tentant de profiter du paysage du bord de route. Nous faisons une pause au pont du Bonhomme qui nous intrigue : à côté du pont moderne grâce auquel nous traversons Le Blavet se trouve deux piliers, vestiges d’un pont de pierre construit en 1900, surplombé d’un breton et d’une bretonne, gardiens de l’estuaire.

Vers 20h, nous arrivons enfin au petit camping municipal de Port Louis. Nous faisons le tour pour chercher une place, refusant de croire au mot « complet » inscrit sur la porte. Dépitée, je reprends la carte pour trouver un plan B. Joli challenge quand on se trouve sur une pointe et qu’il n’y a pas d’autres campings aux alentours. Une campeuse vient à notre secours et nous dit de nous installer derrière l’accueil, sur une parcelle qui semble déjà accueillir d’autres vélotouristes en désuétude.

Finalement, la difficulté n’était pas là où je l’imaginais. Je redoutais la traversée de Lorient, son aménagement cyclable nous a agréablement surpris ! Il est donc possible de concilier ville et vélo, de partager les espaces entre automobilistes, motos, bus, vélos, trottinettes, piétons… Suffit-il d’une volonté politique accompagnée par les conseils des associations cyclistes ?

Notre départ en fin de matinée ajouté à un trajet de 44 Km fût la complexité de la journée. Mais on l’a fait !!

Samedi : dernier jour

Après la journée éprouvante d’hier, aucune pression pour aujourd’hui. Notre point de chute, Etel, est à une vingtaine de kilomètres : facile ! La perspective d’y poser la tente pour une semaine et de profiter de la mer nous met du baume au cœur. Nous avançons tranquillement mais sûrement, arrivant au camping en début d’après-midi, avant même qu’il ouvre. Du jamais vu !

Lundi : le temps du bilan

Je reprends le vélo de bon matin et parcours les 30 Km qui me séparent de Lorient. Je visualise le parcours, je suis seule et sans sacoche… j’avance à bon allure ! Je me surprends dans une montée à faire du 15 Km/h alors que c’était notre vitesse moyenne cette semaine. Je profite de ces derniers instants sur ma selle, longeant les champs et la forêt. Sur une partie de la départementale, la voie cyclable est séparée de la route par une haie. Le bruit des voitures s’estompe et je me sens en sécurité. Je prends pleinement conscience de l’importance des infrastructures pour le développement de ce mode de circulation doux et non polluant.

De Lorient, je prends le bus pour Carhaix et récupère la voiture. Mes pensées voyagent, se remémorent ces quelques jours passés en vélo, ce bonheur simple que j’ai partagé avec mes enfants. Cela fait longtemps que des vacances ne m’avaient pas autant ressourcées. Le téléphone rangé et un rythme ralenti sont deux excellents moyens de se couper du quotidien.

Reprendre la voiture ne m’est pas agréable. En 1h, je traverse les lieux de notre périple, je revois ce resto où nous avons eu notre premier repas, longe la voie verte, revois cette intersection où nous avions cherché notre chemin, devine le camping où nous avons dormi le premier soir, passe à côté de notre petit veau… Tout va trop vite. Les paysages défilent sans que je n’ai le temps de les voir. Les infos à la radio me ramènent à la réalité du monde. Le contre coup est puissant et l’envie de repartir déjà ancrée au fond de mon cœur !

Je constate que nous étions globalement bien préparés. Nous avons pris quelques affaires en trop, d’autres nous ont un peu manqués. La voie verte, parfois monotone, apporte calme et sécurité. La véloroute, où nous sommes bien trop souvent sur le bas-côté, amène une grande diversité de paysages. Les kilomètres se font naturellement, et nous décidons de leurs nombres en fonction de notre capacité. Les sourires s’échangent, on discute avec des inconnus, on découvre le monde sous un nouveau jour.

Nous avons pris du plaisir, beaucoup de plaisir !
Et on en redemande 🙂

Récit de voyage d’une adhérente de PTR94. Merci Nathalie !

Commentaires

Une réponse à “Récit de voyage : « Sacoches en balades dans le Finistère sud »”

  1. Avatar de richard

    un grand merçi pour ce récit de voyage , et bravo

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