Surprise lors de l’atelier vélo associatif de PTR94 ce mercredi après-midi : dans un vacarme impressionnant , un énorme engin jaune arrive à la vitesse majestueuse de 0,5 km/h , précédé d’un ouvrier pilotant un super Karcher . Nous sommes en banlieue à Créteil, avenue du Général de Gaulle mais ici on ne cherche pas tant à nettoyer le quartier des racailles que des cyclistes! En effet cet engin est tout simplement destiné à effacer toute trace de la piste cyclable temporaire tracée en mai et juin dernier par le territoire GPSEA et par la Ville de Créteil.

Un premier tronçon de 700 m de cette coronapiste avait déjà été supprimé l’été dernier. Il y a deux semaines ce sont les pistes cyclables temporaires réalisées par le conseil de département sur la D86 et sur la D19 dont le maire de Créteil avait obtenu la suppression. Maintenant, c’est le tour du reste de l’avenue du général de Gaulle. Pour quels motifs ? Certainement pas l’épidémie , qui repart de plus belle dans le 94 cet automne. Certainement pas le manque d’alternative pour la circulation motorisée : la voie rapide RD1, largement dimensionnée, double l’avenue du Général de Gaulle sur toute sa longueur. Certainement pas le souci d’économiser l’argent public : la suppression de cet ouvrage -qui avait coûté 300000 euros- a commencé dès le mois de juillet, avant qu’on ait pu sérieusement évaluer son utilité. Certainement pas l’imminence d’un aménagement cyclable définitif : on attend toujours un plan Vélo à Créteil et au GPSEA, et la continuité cyclable dans le quartier n’est pas attendue avant 2025. Non, les motifs de cette suppression sont tout simplement l’habitude de céder au lobby puissant et organisé des usagers motorisés, la difficulté d’imaginer une ville apaisée où le vélo aurait sa place, la difficulté à accepter que les cyclistes sont de plus en plus nombreux à Créteil. Sur ce dernier point M. le maire est très isolé : les comptages automatiques réalisés par le CD94 montrent une reprise à haut niveau de la fréquentation cyclable dans tout le 94 en septembre après le creux du mois d ‘août , et Créteil n’y fait pas exception (700 vélos/ jour sur la D86, près de 1000/jour sur la D19).

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