Article rédigé par Peperlito et Olivier.
En décembre dernier le Câble 1, dit « C1 », était inauguré. Ce téléphérique relie la station Créteil Pointe du lac à Villeneuve-Saint-Georges (Villa Nova), en passant par les communes de Valenton et Limeil-Brévannes. On peut y venir à vélo, l’y laisser aux parkings, ou l’embarquer. Mode d’emploi et retours sur cet équipement remarquable, vu sous l’angle vélo.

C’était une première en Ile-de-France. Il a été inauguré en grande pompe par Ile-de-France Mobilités le 13 décembre dernier et a donné des airs de station savoyarde aux villes du bout de la ligne 8 du métro parisien, c’est le téléphérique C1.
Après quelques mois d’exploitation, il semble que l’équipement apporte des bénéfices concrets sur les transports, à Villeneuve notamment, moins enclavée, moins embouteillée. Les cabines peuvent transporter jusqu’à 10 personnes, elles passent toutes les 30 secondes et emportent 1600 personnes par heure. La fréquentation dépasse désormais les 12 000 personnes par jour. Avec plus d’un million de voyageurs et d’excellents retours, il transporte tout le monde efficacement et harmonieusement. Y compris les gens à vélo. On l’a testé sous cet angle.

Dans les stations l’accessibilité est au rendez-vous. Les portiques modernes prévoient un passage élargi, il est facile d’accéder aux cabines avec une poussette, en fauteuil roulant, ou encore avec un vélo. Et même deux, sans problème en cabine, voyez la photo!

Le transport est agréable, planant même, c’est silencieux et la vue est dégagée, à 360 degrés. On y survole la N406, les voies ferrées de la Grande Ceinture à Valenton, la promenade plantée dite la Végétale et l’école des sapeurs-pompiers de Paris.
On regrettera seulement que la ligne n’ait pas été prolongée jusqu’à la gare RER D de Villeneuve-Saint-Georges. C’est une hypothèse qui avait été envisagée mais elle a été écartée en raison de la densité de l’environnement urbain aux abords de la gare.
On rêverait que cette belle réalisation en inspire d’autres, comme celle d’une ligne de téléphérique qui relierait Chennevières-sur-Marne à Saint-Maur-des-Fossés, reliant le RER A au sommet du plateau, en survolant ses côteaux et la Marne. Cela n’est cependant pas à l’étude actuellement.
Un itinéraire que l’on peut aussi parcourir à vélo
Chaque station du Câble 1 a été équipée par Île-de-France Mobilités de stationnements pour vélos sous abris, pour encourager à l’intermodalité. Et s’il est possible de monter à bord avec son vélo, le parcours peut aussi être réalisé par le sol, par un itinéraire séparé des véhicules motorisés sur la majeure partie.

À la station Villa Nova à Villeneuve, le trottoir a été équipé d’une piste cyclable qui se transforme rapidement en une voie verte (ou plutôt un trottoir autorisé aux vélos), avec des barrières anti-scooters à franchir.

À droite, le prolongement de cette même piste avec les premiers obstacles rencontrés 400 mètres plus loin.
On continue de suivre le téléphérique et l’arrivée à Valenton s’accompagne d’une belle piste cyclable réalisée le long de la D136 après 2020 par le Département. On apprécie cette piste bidirectionnelle, suffisamment large, séparée à la fois du trafic motorisé et des piétons.

L’entrée à Limeil-Brévannes est toutefois fort peu accueillante sur cette même D136, avec une étroite piste sur trottoir qui n’était pas du tout prévue pour l’accueillir et sur lequel des voitures garées font souvent obstacle. Après 200m compliqués, il est possible de trouver refuge sur la Végétale, cette coulée verte qui permet de rouler à vélo en sécurité de Créteil jusqu’à Mandres-les-Roses, aux limites du département. Ce sentiment de sécurité sera en revanche moins partagé par les personnes qui empruntent cet itinéraire à pied quand elles se feront dépasser par des vélos…


La plus grande discontinuité cyclable est finalement à Créteil, entre le Lac et la station Pointe du Lac. Sur 240m la Route de la Pompadour ne prévoit rien pour les déplacements à vélo. Elle est certes en zone 30, mais sans aucun aménagement pour faire respecter cette limitation de vitesse. Résultat, on ne s’y sent pas en sécurité à vélo. Il y a pourtant beaucoup de place à cet endroit pour aménager un itinéraire sécurisé : cette rue est bordée de contre-allées « Allée de la sirène » et « Allée de la salamandre » permettant d’accéder à des places de stationnement en épi. Ces mêmes contre-allées ne permettent pas non plus de suivre un itinéraire de contournement plus sécurisé car elles renvoient au milieu de la Route de la Pompadour (celle-là même que l’on aurait aimé éviter). Il ne faudrait pourtant pas grand chose ici pour que la discontinuité soit résorbée jusqu’à la piste cyclable qui longe le site propre du bus 393…




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